Coup de théâtre au “Rassemblement” Moïse Katumbi crée son parti politique !

Publié le par La Cité Africaine

On le sentait venir, mais désormais c’est chose faite. Moïse Katumbi, l’autorité morale du G7 et candidat proclamé à la prochaine élection présidentielle, a décidé de se doter de son propre parti politique. La dénomination de cette nouvelle formation politique circule déjà de bouche à oreille à Kinshasa, et les préparatifs de son implantation dans la capitale et à travers tout le territoire national vont bon train, selon les informations parvenues ce week-end à notre rédaction. A Kinshasa, des cadres du parti ont déjà été nommés pour les quatre anciens districts de la ville (Funa, Tshangu, Lukunga et Mont-Amba) et l’on s’attelle actuellement à la désignation des cadres et autres responsables pour les vingt-quatre communes de la ville. Un travail similaire serait en train de se faire dans toutes les provinces du pays.

Selon la même source, l’ancien Gouverneur de l’ex-Katanga, toujours en exil forcé à l’extérieur du pays, aurait assigné comme objectif à son nouveau parti, d’être présent dans tous les coins du pays, à l’instar des grandes formations politiques du pays comme le PPRD ou l’UDPS, en mettant l’accent sur les jeunes et les femmes. A Kinshasa, un premier rassemblement des adhérents de la capitale est programmé le 26 mars prochain dans la commune de Limete à l’occasion du mois de la femme. Toujours selon la même source, Moïse Katumbi ne compte pas pour le moment devenir le Président national de son mouvement politique et devrait se contenter du poste honorifique d’autorité morale du parti en gestation. Sa présidence serait assurée par un de ses proches qui réside actuellement avec lui en Europe, et qui pourrait descendre à Kinshasa dans les prochains jours.

Depuis sa séparation avec le régime en place et ses démêlés avec la justice congolaise suivis de son exil forcé en Europe, Moïse Katumbi s’était toujours refusé de se doter d’un parti politique en propre. Mais l’évolution de l’actualité politique au pays, notamment avec la disparition d’Etienne Tshisekedi et les divisions internes au sein de l’opposition semble lui avoir fait changer d’avis. Selon les observateurs, le leader katangais aurait en mettant en place sa propre formation politique, anticipé sur un éventuel éparpillement de l’électorat de l’Udps après la mort de son chef charismatique, ainsi que sur des faiblesses patentes au niveau de son propre groupe du G7, dont les  principaux leaders ne donnent aucune garantie de leurs capacités à mobiliser des foules, se contentant pour la plupart d’entre eux à se battre pour des postes ministériels après la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Probable candidat du « Rassemblement » aux prochaines élections présidentielles, Moïse Katumbi misait sur le vaste électorat de l’Udps et sur l’apport des autres regroupements politiques qu’il finançait comme le G7 ou l’Alternance pour la République et certains partis membres de la Dynamique de l’opposition pour l’emporter sur les forces politiques de la majorité, mais depuis la mort d’Etienne Tshisekedi, les démons de la division semblent prédominer sur la cohésion qui prévalait jusque-là au sein du Rassemblement, avec le risque d’une dispersion future de l’électorat favorable à cette partie de la classe politique. Rien n’indique en effet que le nouveau leadership de l’opposition qu’incarne désormais Félix Tshisekedi, soit en mesure de préserver l’unité de l’opposition jusqu’aux prochaines échéances électorales, surtout que la plupart de ses cadres vont bientôt se soumettre à la périlleuse expérience de la gestion du pouvoir d’Etat avec leur entrée au Gouvernement de large union nationale.

La décision de Moïse Katumbi de se doter de son propre parti politique apparaît donc comme un principe de précaution, face à une opposition traversée actuellement par des forces centrifuges et qui risque à terme, de s’engluer dans les pièges d’une gestion directe des affaires publiques, avec ce que cela comporte comme perte de prestige auprès de l’opinion. Et en décidant de ne pas être le Président de son propre parti, il garde en même temps la hauteur nécessaire pour rester le dernier recours et le leader naturel d’une opposition désormais en mal de repères après la disparition inopinée de son icône Etienne Tshisekedi.

LOLO LUASU B.

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