Journée internationale de la femme au Kongo central Les femmes se mobilisent pour la parité 50/50 à l’horizon 2030

Publié le par La Cité Africaine

Le ministère provincial du Genre, famille et enfant du Kongo Central et la division provinciale du même secteur ont réussi la grande mobilisation, mercredi 8 mars 2017 en la salle polyvalente Victoria de Matadi, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme. La cérémonie y afférente, haute en couleur, a été présidée par la ministre provinciale  des Finances, économie, plan et commerce, Odette Gema Diloya, qui a ainsi représenté le gouverneur de province Jacques Mbadu Nsitu en séjour de travail à Muanda. Plusieurs personnalités ont pris part à cette cérémonie quia marqué également le lancement officiel  des activités du mois de la femme, notamment les députés et ministres provinciaux, les chefs de divisions  provinciales de l’administration publique,  la maire adjointe de Matadi, les membres du conseil provincial de sécurité et les responsables des organismes internationaux, des entreprises publiques et privées et les femmes venues de différentes structures de la province.

Le thème choisi pour la journée internationale de la femme 2017 au niveau international est « les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50/50 d’ici 2030 ». Au niveau national, le  thème a porté sur « RDC : Ensemble pour la parité 50/50 à l’horizon 2030 : Investissons dans le travail décent et le plein emploi pour les femmes dans un climat de paix et d’équité ».

 

Nécessité d’acquérir les compétences nécessaires

Prenant la parole au nom du gouverneur de province, la ministre provinciale des Finances, économie, plan et commerce du Kongo Central a noté quelques conditions préalables si les femmes veulent atteindre les 50/50 dans le marché de l’emploi en 2030. Il faut, a noté Mme Odette Gema Diloya, que les femmes acquièrent  les compétences nécessaires pouvant leur permettre d’accéder à ce marché et s’orientent vers des filières scolaires ou académiques jadis réservées aux hommes. Il faut surtout, a-t-elle ajouté, que les femmes s’adaptent aux exigences dans ce monde d’emploi et évite le phénomène « chance eloko pamba ». Car, a-t-elle souligné, ce monde en évolution exige des compétences, étant entendu que des nouveaux domaines sont apparus, notamment les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), le domaine de changement climatique et les questions liées au commerce. Au cas contraire, a averti la ministre Gema, cette vision de 50/50 à l’horizon 2030 ne sera jamais atteinte et la femme demeurera dans l’informel et occupera des emplois peu rémunérateurs et aura des difficultés à opérer des bons choix.

Au sujet du choix, elle a rappelé la phase en cours du processus électoral marquée par l’enrôlement des électeurs. La province du Kongo Central avait 24 sièges en 2006 à la députation nationale contre 23 sièges en 2011, soit un siège perdu cette dernière année par le fait que les gens se sont moins enrôlés. Or, plus qu’on s’enrôle, plus on a des sièges à tous les niveaux.

Aussi, dans les provinces déjà enrôlées ou en cours d’enrôlement, il a été constaté que le pourcentage d’enrôlement des femmes est faible. La ministre provinciale des Finances est convaincue qu’il y a lieu de prouver le contraire au Kongo Central. Ainsi a-t-elle appelé les femmes de cette province à faire sortir leur majorité numérique. Odette Gema pense que l’objectif fixé par le gouverneur du Kongo Central d’atteindre 3 millions ou plus d’enrôlés ne peut être réalisé que par les mamans et les jeunes filles qui sont en grand nombre dans cette province. Cela est un défi à relever, a-t-elle martelé.

 

Investir dès aujourd’hui sur l’emploi des femmes

Intervenant à son tour, la ministre provinciale du Genre, famille et enfant, Thérèse Mambu Nyangi, a circonscrit la date du 8 mars 2017 qui, a-t-elle noté, est une journée de célébration des droits des femmes, une journée de bilan des luttes menées et de bilan de luttes qui restent encore à mener, une journée d’action et de mobilisation à travers le monde et une occasion pour tous, femmes et hommes, de réfléchir et d’échanger sur le bilan des progrès réalisés sur la situation de la femme.

Elle sollicité pour toutes les femmes et jeunes filles de disposer des mêmes opportunités et des mêmes droits que les hommes dans le monde du travail, rappelant que les discriminations du genre qui persistent encore en matière d’emploi. L’égalité entre les hommes et les femmes demande d’accepter et de valoriser d’une manière égale la complémentarité des femmes et des hommes et la diversité des rôles qu’ils jouent dans la société. Pour la ministre Mambu Nyangi, « si nous voulons atteindre la parité 50/50 d’ici 2030, nous devons dès aujourd’hui investir sur l’emploi des femmes et cela dans un climat de paix et d’équité, car sans la paix, aucune activité n’est possible et aucun développement ne peut être envisagé ». Investir dans une femme est un processus qui commence très loin, d’abord par l’éducation de la petite fille, par l’éducation de la fille, et ensuite par la récupération sur terrain de toutes les femmes analphabètes.

La ministre Mambu Nyangi a qualifié de très défavorable la situation du travail en RDC. Selon elle, même si les choses bougent encore ces derniers temps dans ce pays, le chemin à parcourir reste encore long pour parvenir à une société d’égalité des sexes garantissant un emploi décent aux femmes. Ainsi, a-t-elle fait savoir, des efforts doivent être fournis maintenant à tous les niveaux pour approcher cet idéal devenu un impératif de développement harmonieux des sociétés modernes.

Evoquant l’enrôlement bientôt des électeurs au Kongo Central, elle a estimé venu le moment de prouver aux yeux du monde la supériorité numérique des femmes. « Aucun électeur ou électrice potentiel ne doit être oublié lors de l’enrôlement », a-t-elle recommandé.

 

Vulgariser la loi sur la parité, le nouveau code de la famille

Le chef de division provinciale du Genre, famille et enfant du Kongo Central, Mme Didienne Bunga, qui a été la première du jour à prendre la parole, a noté que la discrimination et la violence à l’endroit des femmes et des filles sont bien une réalité comme en témoignent les données disponibles à sa division. Elle a évoqué les violences sexuelles, les mariages forcés, les mariages d’enfant et le bas salaire. Plus d’une femme sur trois a été violée ou victime d’abus sexuel ou du mauvais traitement au moins une fois durant sa vie en milieu du travail. Ce qui ne favorise pas un climat de paix et d’équité pour un travail décent.

Sur le plan politique et économique, cette discrimination est encore plus visible, a relevé le chef de division provinciale du Genre. Le chômage touche les femmes, les inégalités salariales, la précarité et le travail non qualifié sont le fait des femmes, a relevé Mme Bunga, qui a ajouté à cela l’inégal accès aux opportunités l’avancement en grade et aux postes de responsabilité. Le nombre des femmes ayant en leur charge les postes de responsabilité importante demeure insignifiant, les postes de direction occupés par les femmes dans la province du Kongo Central ne dépasse pas 1 %. Celles qui évoluent dans le domaine informel et qui jouent un rôle capital dans l’économie de la province sont identifiées par des surnoms « mama manœuvre », « mama bidinga », « mama malewa », « mama bipupula », « mama nzongolo »,

Le chef de division provinciale du Genre au Kongo Central s’est aussi dit préoccupée par la manière dont les filles sont soumises à la violence lorsqu’elles tentent de réaliser leur droit à l’éducation. Une fois scolarisées, les filles sont souvent victimes de la violence à l’école par le biais du système éducatif. A titre d’exemple, en cas de grossesse entre élèves, le garçon poursuit ses études mais la fille est renvoyée de l’école à cause de l’acte immorale lui reconnu et non au jeune garçon.

L’égalité et l’équité étant les droits fondamentaux de la personne humaine, quels que soient son sexe, son origine, sa culture et sa religion, Mme Didienne Bunga finalement noté qu’il est impérieux de préconiser les efforts pour la vulgarisation de la loi sur la parité, le nouveau code de la famille et autres textes au niveau chaque entreprise,  chaque instance de prise de décisions, des écoles, pour offrir plus d’opportunités aux femmes au même titre qu’aux hommes pour une province émergente à l’horizon 2030.

Philippine LUNKEBA

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