Gouvernement Bruno Tshibala: Ceux qui entrent, ceux qui sortent!

Publié le par La Cité Africaine

Dans le futur Gouvernement de Bruno Tshibala, cela risque d’être comme dans la Bible : beaucoup d’appelés, peu d’élus et certainement aussi, très peu d’éligibles. Déjà, le Président Joseph Kabila a placé des balises au travail de sélection du Premier Ministre, en lui recommandant de privilégier le critère de compétence. Mais il reste à définir ce concept même de compétence dans un marigot politique congolais où pullulent opportunistes, situationnistes et autres spécialistes en retournements de vestes, dont la plupart n’ont jamais entendu parler du mot « compétence », durant toute leur vie politique.

Mais c’est peut- être là un problème secondaire au regard des foules de prétendants aux postes ministériels qui ont battu et continuent de battre le pavé de la Cité de l’Union africaine où le Premier ministre consulte la classe politique et les forces vives depuis la semaine dernière. Une foulée pour le moins hétéroclite et bigarrée qui va des chefs coutumiers aux représentants des communautés tribales, en passants par des professionnels de la politique de tous les horizons imaginables et qui tous se réclament d’une légitimité politique indiscutable, mais aussitôt contestée par ceux qui les remplacent à la table des consultations du Premier ministre.

Dans l’accord politique du 31 décembre qui sert de soubassement à la formation du Gouvernement Bruno Tshibala, la classe politique avait certes pris la précaution de définir la clé de répartition des postes ministériels entre les différentes composantes de la classe politique nationale, croyant ainsi faciliter les choses au futur Premier ministre, mais aujourd’hui, force est de constater que ce bel échafaudage a fini par se transformer en un véritable tour de Babel dans laquelle personne n’entend plus parler personne. Le Premier ministre lui-même sort d’un parti politique, l’UDPS, en proie à une guerre civile où son statut de membre éminent n’est plus reconnu, sauf pour ceux qui ont encore le courage de parler sous le manteau. Un Secrétaire général arrivé de fraîche date dans la maison, s’est emparé d’un karcher et tire sur tout ce qui bouge autour de lui, depuis la mort inopinée du leader charismatique du parti.

Depuis, au sein de l’Udps, les morts et les blessés politiques se comptent par dizaines, au point que certains observateurs en sont aujourd’hui à parler d’un véritable nettoyage ethnique à la tête du parti cher à Etienne Tshisekedi de très heureuse mémoire. La situation ne semble pas meilleur au sein de la plateforme du « Rassemblement » dans lequel était censé sortir l’actuel Premier ministre Bruno Tshibala. Alors que le pouvoir lui tendait la main au lendemain de l’Accord de la Saint-Sylvestre, cet assemblage politique fait de bric et de broc, s’est à son tour disloqué comme un château de sable, éclatant en plusieurs morceaux qui se réclament tous de l’héritage politique d’Etienne Tshisekedi, au grand bonheur d’ailleurs du régime en place, qui s’est empressé de choisir un Premier ministre au sein de l’une des multiples tendances, en se donnant au passage toutes les apparences d’avoir respecté l’Accord du 31 décembre.

Le problème de Bruno Tshibala, lui qui est un pur produit de cet assemblage, sera sans doute de faire son marché de ministres « compétents » au sein de toutes ces tendances sans se faire au passage un surcroit d’ennemis, lui qui en a déjà suffisamment après coiffé au poteau l’héritier présomptif du défunt Leader Maximo. Du côté de Limete, tout le monde le sait, on a la rancune tenace et la mémoire longue contre les « traîtres ». Mais le nouveau Premier ministre aura aussi à batailler contre les prétendants du Gouvernement sortant, qui après avoir goûté aux délices du pouvoir pendant cent jours, ne semblent pas du tout disposés à quitter aussi vite une table aussi bien garnie, surtout que selon toute vraisemblance, les futures élections pourraient bien jouer aux prolongations. Dans ce camp aussi le Premier ministre devra choisir des futurs ministres « compétents », un exercice qui, à première vue, pourrait s’avérer très encore plus compliqué.

LOLO LUASU B.

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