Rassemblement - Mamane Sidikou : Malentendu dissipé

Publié le par La Cité Africaine

« Nous en avons parlé avec beaucoup de franchise, beaucoup de sincérité et surtout beaucoup d’humilité. Je peux vous dire que l’incident est clos. Nous nous sommes mis d’accord sur la compréhension de l’Accord de la Saint-Sylvestre, mais aussi de la Résolution 2348. Ce que l’accord doit être appliqué dans son intégralité et tout le monde doit respecter la Résolution 2348 ». Cette déclaration a été faite par  Pierre Lumbi, président du Comité des sages du Rassemblement/Limete  à  Radio Okapi. Il rendait compte d’un entretien de crise organisé la nuit du dimanche, après que le Rassemblement ait publié un communiqué sulfureux mettant en cause le patron de la MONUSCO, accusé de partie pris. « Nous nous sommes,  Monusco et Rassemblement, entendus que cet accord du 31 décembre 2016 soit mis en application dans son intégralité et que soit respectée la résolution 2348 », a-t-il renchéri

Pour rappel, après la nomination de Bruno Tshibala au poste de Premier ministre le 07 avril, le patron de la MONUSCO a fait quelques sorties qui ont été mal appréciées par le Rassemblemnt/Limete. Après s’être déjà exprimé le 9 avril, Mamane est revenu à la charge samedi 15 avril, à l’issue d’une visite au Premier ministre Bruno Tshibala, pour donner les précisions suivantes : « Le communiqué de la Monusco ne dit pas que la nomination de Bruno Tshibala n’est pas conforme à l’Accord du 31 décembre. La Monusco prend acte de la nomination du Premier ministre. Maintenant, ce sont des institutions qui doivent entériner tout cela. Je crois que le Premier ministre nommé devrait passer devant l’Assemblée nationale. Cela va de soi. Il faut respecter ce qu’il y a dans l’Accord du 31 décembre. Je crois que le Premier ministre nommé est dans cette optique-là ».

Le diplomate onusien n’a plus fait mention de la nécessité d’appliquer l’Accord du 31 décembre 2016 "intégralement et de bonne foi", comme  stipulé dans la Résolution 2348 du Conseil de sécurité de l’Onu.

Par ailleurs, le Nigérien a eu à prononcer d’autres phrases qui ont irrité l’opposition. Les voici : "La nécessité impérieuse est d’aller vers des élections, c’est cela qui urge"… "Le président de la République l’a réaffirmé devant le Congrès. Le Premier ministre Tshibala vient de me le dire de façon sans équivoque que cela reste la priorité. C’est ce que les Congolais attendent".

…. "Il est temps que les Congolais arrêtent de donner l’impression qu’il y a la politique et il y a les Congolais. Le plus important pour nous tous, ce sont les Congolais qui traversent une période économique difficile pour laquelle nous devons plutôt nous mettre ensemble pour trouver une solution avec les institutions financières internationales, avec les partenaires internationaux"…

«Nous avons fait le tour d’horizon des questions relatives à la nécessité de rassembler au maximum, de coller à l’accord du 31 décembre, de la nécessité impérieuse d’aller vers les élections, parce que c’est cela qui est important. Le Premier ministre vient de me le dire aussi de façon sans équivoque que cela reste sa priorité. Nous au niveau des Nations unies, nous allons faire tout ce qu’il faut pour soutenir et accompagner. Notre rôle est d’accompagner»…

Il a par ailleurs annoncé des rencontres avec différents acteurs de la vie politique congolaise. « Je verrai, dans le cadre de mes bons offices, tous les acteurs politiques, sans exclusive. Lundi je verrai le secrétaire général de l’UDPS. Ensuite, je verrai  mon frère et ami, le président de l’Assemblée nationale. Notre rôle n’est pas de nous poser en donneur des leçons, mais d’aider au rassemblement au maximum. Et je viens d’entendre de la bouche de M. Tshibala qui dit que cela sera sa priorité. Il travaillera au maximum pour rassembler, pour qu’il n’y ait aucune exclusion, comme d’ailleurs le dit l’accord du 31 décembre 2016 », a dit M. Sidikou.

Dans un communiqué publié samedi 15, le Rassemblement qualifie la position du patron de la Monusco de "partiale" et de "contraire à la résolution 2348 (2017) du Conseil de sécurité mais aussi à la déclaration de l’Union Africaine exprimée par le Président en exercice et par l’Union Européenne". "Les propos de Mamane Sidikou énervent et contrarient le peuple congolais qui a exprimé plus d’une fois et sans équivoque son adhésion massive à l’Accord et exige son respect ainsi que son application totale par les partis signataires et les institutions de la République", ajoute-t-il. Le Rassemblement conclut en renouvelant sa confiance au Secrétaire général de l’ONU afin qu’il use de ses "bons offices".

Ceci semblait compromettre la suite de l’initiative annoncée par Mamane. Après la rencontre avec le Rassemblement, l’on peut donc penser qu’il ne sera pas ostracisé par le Rassemblement comme le fut Edem Kodjo et que l’incident est clos.

Jay KUMWAF

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