Respect ou non de l’Accord de la Saint-Sylvestre: Le cadavre d’E. Tshisekedi complique le débat !

Publié le par La Cité Africaine

Voici plus de deux mois et demi que ça dure. Plus de deux mois et demi que la dépouille mortelle du plus grand opposant politique que le pays ait connu, traîne dans une chambre froide de la capitale belge, sans qu’une solution concertée ne soit trouvée pour son rapatriement et sa sépulture dans son propre pays qu’il a eu à servir à sa manière durant près de cinquante ans. Après l’étonnement scandalisé des premières semaines, les partenaires étrangers de la Rdc en sont aujourd’hui à assister éberlués, à la grande capacité des politiques congolais à rendre complexe un problème aussi simple que le rapatriement et l’inhumation d’une dépouille dans des conditions dignes du statut du défunt.

Certains observateurs en arrivent même à penser que la classe politique pourrait être en droit de postuler à un record dans le livre Guinness des records, étant sans doute dans l’histoire de l’humanité, à faire d’une dépouille mortelle un objet de marchandage et de positionnement politique. Les amis belges du défunt, après avoir déployé tout l’arsenal protocolaire pour honorer la mémoire du défunt, gardent désormais un silence embarrassé sur le dossier, comme si la suite des événements et les suites heureuses qu’ils espéraient de ce brusque déploiement de compassion officielle n’étaient plus au rendez-vous. Il n’est pas jusqu’aux fidèles combattants de l’Udps dont les larmes ont fini par tarir à force d’attendre indéfiniment une dépouille qui jouait aux prolongations depuis la lointaine Belgique.

Et voilà que samedi dernier, le parti politique du défunt l’Udps, annonçait brusquement le rapatriement de la dépouille de son illustre Président pour le 12 mai prochain, avec dans la foulée, un programme sommaire des obsèques, dont on ne saurait dire pour le moment si elles seront officielles comme le voudrait le statut d’ancien dignitaire de la République du défunt, ou strictement réservées à sa famille biologique et politique du défunt. Le communiqué rendu public samedi dernier par le Secrétaire général de l’Udps le très imprévisible Jean Marc Kabund, a été tout sauf bavard sur les réelles intentions de ce parti sur ce dossier. Entre une exposition au Palais du Peuple, une cérémonie qui ne peut être qu’officielle et protocolaire, et une inhumation au siège de l’Udps à Limete, dont on s’interroge encore sur la légalité et sur la faisabilité, le flou le plus épais persiste encore sur les intentions réelles de l’Udps.

Officiellement, l’Udps n’a pas jugé bon de tenir informées les autorités nationales de son programme, ce qui se comprend peut-être au regard de la profonde aversion qu’elle nourrissait vis-à-vis du Gouvernement Badibanga de triste mémoire, une aversion que semble avoir hérité par parallélisme de forme son successeur Bruno Tshibala. Mais on voit mal comment ce parti pourra se débrouiller pour organiser une cérémonie solennelle au Palais du Peuple sans nécessairement associer le Gouvernement en place et un Parlement où tous les députés se réclamant de ce parti se trouvent sous le coup d’une fatwa. Mais c’est depuis belle lurette que les congolais sont habitués à vivre avec les contradictions, chaque fois qu’il s’agit de l’Udps. Les prochains jours donneront certainement de plus amples informations sur cette annonce plus que laconique.

Sauf qu’à chaque fois que le vent politique semble tourner en défaveur des désidératas de l’Udps et ses alliés, on observe un certain regain d’intérêt pour les obsèques du défunt Sphinx de Limete, comme si la dépouille du père de la démocratie congolaise ne servait plus que de vulgaire épouvantail au profit des intérêts beaucoup plus terre à terre. Mais n’allons pas plus loin dans les procès d’intention et attendons voir la suite des événements.

LOLO LUASU B.

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