Un an après la mort du chef coutumier du Village Molokaï Papa Wemba toujours présent dans les cœurs des mélomanes

Publié le par La Cité Africaine

Décédé le 24 avril 2016, un an après sa disparition, le chanteur congolais Jules Shungu Wembadio dit Papa Wemba reste inoubliable dans les esprits de ses nombreux mélomanes de partout. A l’occasion, l’artiste a eu droit aux hommages dignes d’un grand homme et surtout surprenants hier lundi 24 avril 2017. Diverses activités ont été organisées en sa mémoire. D’abord, une messe a été dite en début d’après-midi à la paroisse Saint Joseph de Matonge dans la commune de Kalamu.

Bien avant, la famille et les proches de Papa Wemba se sont rendus à la Nécropole Entre terre et ciel à N’Sele où « Jules Presley » repose pour l’éternité, pour dépôt des gerbes de fleurs, signe d’amour et d’affection témoigné à l’endroit de cet icone de la musique africaine.

Ce n’est pas tout. D’autres manifestations ont eu lieu notamment au couloir Madiakoko (village Molokai) en plein cœur du quartier Matonge, fief de Papa Wemba. Sur place, le public a eu droit aux productions scéniques. Seule les œuvres de Vieux Bokoul ont sonné aux oreilles des amoureux de la musique ayant fait le déplacement pour ce coin qui garde une histoire dans la vie et carrière de celui qu’on appelait « Foridoles » (Formateur des idoles).

Les morts ne sont pas morts, dit-on. Là où Papa Wemba se trouve, il s’est réellement rendu compte qu’il reste présent dans les cœurs de ses fans. Plus loin de son pays, en Côte d’Ivoire où il a rendu l’âme, une émouvante cérémonie a marqué ce triste anniversaire. Sur invitation du comité organisateur du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA) et des autorités ivoiriennes, une équipe de Viva La Musica s’est produite hier lundi 24 avril dans la soirée en marge de la tenue de la 10ème édition du FEMUA qui s’ouvre ce mardi 25 avril en l’honneur du « chef coutumier du village Molokaï ».

Selon nos informations, le site qui abrite ce festival est débaptisé au nom de Papa Wemba. Une reconnaissance au-delà des frontières nationales. Ce geste confirme que l’artiste n’appartenait plus qu’aux Congolais.                

 

Des hommages à la dimension d’une star

C’était un dimanche 24 avril 2016, au cœur de la nuit abidjanaise, que Papa Wemba s’est effondré en plein concert à l’occasion de la 9ème édition du FEMUA où il était invité avec son ensemble musical Viva-la-Musica. La ville d’Abidjan qui a vécu cette douloureuse scène mais également Kinshasa qui s’est réveillée sous un choc incommensurable, une seule information est revenue ce jour-là : la disparition brutale de Maître d’école.

La nation congolaise lui a rendu des hommages sincères et mérités à la dimension d’une star après avoir quitté cette terre de manière inopinée sur une scène comme si c’était une pièce de théâtre alors que c’était une réalité. Le public, mobilisé, a réellement démontré son attachement et son affection au musicien. « La mort de Papa Wemba a allumé la flamme de la culture congolaise », avait reconnu le ministre de culture de l’époque feu Banza Mukalay. Celui-ci avait d’ailleurs proposé que la date du 24 avril (jour du décès de Papa Wemba) soit proclamée journée nationale de la musique congolaise. Il ne s’est pas arrêté là. Il a également annoncé que le gouvernement congolais allait proposer à L’UNESCO que la rumba congolaise soit inscrite sur la liste du patrimoine immatériel mondial de l’humanité. Une démarche qui a déjà porté ses fruits. Car, les ministres de la culture membres de l’Union africaine, après conseil, ont retenu et adopté l’année dernière, la date du 24 avril comme Journée de la rumba.   

La postérité retiendra de Papa Wemba qu’il a été un artiste multidimensionnel et il avait toujours le goût de bien paraitre. C’est ainsi qu’il était baptisé « Roi de la Sape ». Son nom reste intimement lié à ce mode. Papa Wemba a, par ailleurs, traversé des générations. Malgré son âge, il est toujours resté jeune qui était pour un état d’esprit. Il a non seulement honoré la culture congolaise mais il a aussi été une source d’inspiration pour les jeunes talents. Outre ses capacités artistiques, Wemba a possédait des qualités humaines qui impressionnaient toujours plus d’une personne. Notamment sa générosité, son humilité…son sens de responsabilité. Dans l’entre-temps, tous les efforts sont conjugués pour faire survivre l’orchestre « Viva-la-Musica » après la mort de Papa Wemba. Le souhait des certains Congolais est de voir Papa Wemba immortalisé à travers un monument ou un mausolée, comme soutiennent d’ailleurs les députés nationaux membres du Regroupement Anamongo. A’Salfo, membre du groupe Magic System et fondateur du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo partage également cet avis. L’artiste restera et va demeurer toujours dans les esprits de milliers des amoureux de la bonne musique et adeptes de la sape.   

Benj MIRADI

 

 

Publié dans citaf

Commenter cet article