Assassinat de deux experts de l’ONU Tempête internationale autour de deux morts en RDC !

Publié le par La Cité Africaine

Zaïda Catalan et Michaël Sharp, deux experts de l’ONU missionnés par le secrétaire général des Nations Unies pour enquêter sur les violences dans les Kasaï, y avaient été enlevés et assassinés, le 12 mars 2017.  Leurs corps furent retrouvés quinze jours plus tard avec d’autres victimes des affrontements entre miliciens Kamwina Nsapu et forces d’ordre et de sécurité congolaises qui ensanglantent l’espace kasaïen depuis août 2016.

Michael Sharp et Zaïda Catalan faisaient partie d'un panel d'experts de l'ONU recherchant des informations sur plus d'une quarantaine de fosses communes découvertes au Kasaï.

Début mai, la justice militaire congolaise annonçait l’ouverture imminente du procès des présumés assassins des deux experts, sans en préciser la date.

Mais voici qu’une enquête du New York Times, publiée samedi 20 mai, va conférer une toute autre dimension au dossier. Et depuis, c’est le branle-bas.

 

Le ‘’kankugate’’ bouleverse tout

Dans son article, le New York Times (NYT) révèle que des responsables au pouvoir à Kinshasa pourraient avoir joué un rôle dans ce meurtre des deux experts de l’ONU. A l’appui de cette hypothèse : plus d’une centaine de documents récupérés sur l’ordinateur de Zaïda Catalan. Parmi eux, l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre l’ancien ministre Clément Kanku et un de ses hommes de terrain, Constantin Tshiboko.

Dans ces enregistrements qui ont circulé sur les réseaux sociaux, l’on peut  entendre une voix supposée être de Clément Kanku s’enquérir de la situation. “Nous avons brûlé Tshimbulu”, lui dit son interlocuteur, un milicien local présumé. “C’est une bonne nouvelle”, lâche au bout du fil l’élu de la région. Dans les échanges entre les deux hommes, il est également question de l’attaque ciblée contre un colonel de l’armée et ses gardes du corps mais aussi de l’assaut contre les installations de la CENI et contre la maison d’arrêt de la cité.

Des sources proches de l’enquête du quotidien américain indiquent que le ministre savait que Mme Catalan possédait cet enregistrement, dont elle était censée s’entretenir avec lui à son retour de mission. Contacté par le  journal, Clément Kanku aurait d’abord nié avoir été en contact avec les experts de l’ONU, avant de le reconnaître.

 

Le PGR entre en scène

Le procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, a annoncé, mardi 23 mai, l'ouverture d'une enquête pré-juridictionnelle. « Au regard de la nature et des circonstances qui « ne peuvent aucunement laisser indifférent l’officier du ministère public », a-t-il souligné en substance. Etant donné qu’il s’agit des investigations visant un député national, le PGR, faisant application de l’art. 75 de la loi organique du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation, a adressé une lettre au président de l’Assemblée nationale pour lui permettre de conduire ces enquêtes. « J’ai donc adressé une lettre au président de l’Assemblée nationale pour me permettre de conduire des indispensables enquêtes dans cette sinistre affaire. Une fois cette autorisation préalable obtenue, je serai en droit de poser tous les actes qu’exige une instruction pré-juridictionnelle », a indiqué le PGR. Et « si à l’issue de cette instruction, j’ai la conviction que les faits étaient établis dans le chef du concerné [Clément Kanku], il serait alors inculpé de participation à un mouvement insurrectionnel, assassinat, incendies volontaires, destructions méchantes, associations des malfaiteurs », a-t-il détaillé.

Toutefois, a-t-il souligné, à ce niveau de la procédure, il n’est nullement question de chercher à obtenir la levée des immunités. Le PGR a précisé que « si ce député n’a rien à se reprocher, il doit coopérer avec la justice au lieu de mener seul les investigations. Aussi, il lui est interdit de quitter le pays ».

Le PGR a tenu à préciser qu’« à ce niveau de la procédure, il n’est nullement question de chercher à obtenir la levée des immunités » du député Clément Kanku.

 

Kanku se dit sidéré

« Je suis consterné par ces allégations d’implication dans des actions criminelles et je les réfute totalement. Je suis convaincu que toute la lumière sera faite dans cette affaire et je suis convaincu que justice sera rendue aux nombreuses victimes d’exactions abominables, y compris des deux experts des Nations unies ».  «J’exige que toute la vérité soit dite. Et je ne laisserai personne salir ni mon image encore moins la mémoire de toutes ces nombreuses victimes qui sont mortes dans les conditions que nous connaissons dans le Kasaï. Je ne ménagerai aucun effort pour que la vérité soit rétablie. Je suis à la disposition de toute juridiction qui voudra travailler dans le sens d’établir la vérité et que la vérité soit dite tout simplement ». Telle est la toute première réaction publique de Clément Kanku, dans une brève déclaration à la presse à son domicile. Sa conférence de presse, prévue plutôt dans la journée dans un restaurant du centre-ville de Kinshasa, avait été empêchée par la police. Motif invoqué par la police et des agents de l’ANR : "conférence non autorisée", selon les témoins.

 

Beaucoup de questions

Les observateurs soulèvent plusieurs questions.

Qui avait enregistré la conversation entre le député Kanku et Constantin Tshiboko présenté comme un présumé milicien ? Qui a transmis ces éléments d’écoute à l’expert onusien Zaïda Catalan ? Qui a choisi de rendre publiques ces deux conversations téléphoniques et de les mettre en ligne? Si ces enregistrements sont des écoutes téléphoniques réalisées par les Services congolais de renseignements. Ils sont normalement tenus secrets. Comment alors se sont-ils retrouvés sur les réseaux sociaux ?  Pourquoi le PGR a attendu l’article du NYT pour réagir alors que l’élément audio n’est pas nouveau car il date d’août 2016?

S’exprimant devant les ambassadeurs accrédités à Kinshasa, le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba a donné indication importante.  Selon ce ministre, cet enregistrement a été fait par les « services ». Pour lui, le but était de «les utiliser pour connaitre la vérité sur ce qui se passait dans le Kasaï ». Et d’ajouter : «Il n’y a pas que Monsieur Clément Kanku qui était sur écoute. D’autres individus le sont également ».  Quant à savoir comment cet élément d’écoute s’est retrouvé dans l’ordinateur portable de la Catalan et sur les réseaux, il s’est contenté de parler d’une  ‘’fuites’’ dont les "responsables" seraient recherchés. Alexis Thambwe a invité "quiconque" qui aurait "d’autres informations qu’il n’a pas retrouvées dans le dossier est invité à pouvoir les communiquer et la RDC souhaite que le procès puisse se dérouler avec une transparence absolue pour que les coupables soient punis conformément au code pénal congolais".

Question : alors que les autorités connaissaient l'existence de ces enregistrements pour les avoir réalisés, comment Clément Kanku a-t-il pu être  nommé ministre du gouvernement Badibanga ?

A partir de ces questionnements, l’on échafaude des thèses et des  hypothèses relevant du roman d’espionnage le plus cynique et le plus scabreux.

L’on se perd en conjectures. Les détracteurs du pouvoir suggèrent que « le pouvoir tenterait de se dépêtrer de son isolement diplomatique. Aussi, serait-il en quête d’un bouc émissaire à qui imputer la responsabilité non seulement des 43 fosses communes répertoriées dans le Kasaï Central par des agents onusiens mais aussi l’assassinat des enquêteurs du Conseil de sécurité Zaida Catalan et Michaël Sharp qui en savaient trop sur les fosses communes et les atrocités commises par la force publique".

Certains vont jusqu’à avancer que Clément Kanku aurait été nommé ministre pour ‘’services rendus’’ dans le sens d’instrumentaliser et manipuler les miliciens Kamuina Nsapu, l’objectif, selon eux ayant été de ‘’cultiver le chaos pour empêcher la tenue des élections et espérer pouvoir organiser un référendum pour engager un troisième mandat indu de Joseph Kabila’’.

D’autres trouvent troublant « le fait qu’après la mort des deux enquêteurs, leurs effets personnels dont les ordinateurs portables auraient été gardés durant plusieurs semaines à l’ANR ».

En revanche, ses soutiens font observer que « Clément Kanku n’aurait aucun intérêt à allumer le feu à Tshimbulu qui est son fief électoral. D’ailleurs le Premier ministre Matata l’avait dépêché en compagnie des députés Martin Kabuya et Kamukuny sur le terrain pour calmer les esprits. Toutes les tentatives s’étaient révélées vaines ».

Des ‘’romanciers’’ supputent que, conscients de l’effet explosif qui résulterait de la divulgation de l’enregistrement par les experts de l’ONU,  les commanditaires de leur assassinat simplement cherché à étouffer l’affaire en supprimant ceux qui étaient susceptibles de la rendre publique.

On le voit, ces hypothèses saugrenues se contredisent et s’annulent les unes les autres. On ne peut pas soutenir que les enregistrements ont été réalisés et dévoilés par les officines du pouvoir. Et dans le même temps défendre que ce sont les mêmes qui auraient fait assassiner les missionnaires de l’ONU, en tant que témoins gênants, détenteurs desdits enregistrements. 

 

Internationalisation du dossier

Ayant appris que la justice congolaise avait mis la main sur les présumés assassins des deux experts onusiens et qu’un procès allait être ouvert, le Conseil de sécurité s'est réuni le 23 mai pour discuter du sujet. Il en en découle que l'ONU a mis en doute les conclusions de cette enquête.

Le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a dénoncé la précipitation des autorités : « Nous sommes un peu étonnés de la rapidité avec laquelle cela a été fait. Nous pensons que les investigations doivent se poursuivre de manière approfondie ».

L'ONU mène une enquête administrative, une démarche classique dans ce type d'incident. Mais des voix s'élèvent pour demander une enquête plus poussée pour établir les faits et les responsabilités. « Nous allons demander à l'ONU de mettre des options sur la table », confirmait un autre diplomate du Conseil de sécurité.

La commission d’enquête des Nations Unies chargée de faire la lumière sur le meurtre des deux experts onusiens dans le Kasaï devra remettre son rapport d’ici fin juillet au siège à New York, a de son côté annoncé le directeur de l’information publique de la MONUSCO, Charles Antoine Bambara, en précisant : « Je suis sûr, que cette enquête du siège des Nations unies va essayer de prendre en compte l’ensemble des indices, et peut-être d’autres, qui sait, par rapport à ce travail qui a été lancé sur le terrain».

Par ailleurs, la France a demandé au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres de diligenter une enquête spéciale, une mesure qui irait au-delà des démarches déjà entreprises, a indiqué l'ambassadeur français François Delattre.

"Il reste encore de trop nombreuses zones d'ombre autour du meurtre des deux experts’’, a-t-il déclaré à la presse.

Il a estimé prématurée  la clôture de l'enquête par les autorités congolaises au vu des éléments qui sont ressortis ces derniers jours… ‘’L'important est de faire toute la lumière sur cet événement et que leurs responsables soient traduits en justice et condamnés… La France est d'ailleurs favorable à ce que l'ONU mette en place un mécanisme d'enquête spécial d'établissement des faits", a-t-il affirmé. Les observateurs notent que le Conseil de sécurité pourrait aussi décider d'une enquête internationale comme dans le cas de l'affaire Hariri, mais les réticences sont encore trop nombreuses parmi certains Etats membres qui souhaitent ménager Kinshasa dans un contexte politique très tendu et notamment la Russie qui souhaite favoriser la juridiction nationale congolaise.

D’autre part, la Suède et les Etats-Unis, pays dont sont originaires les deux experts de l'ONU Zaïda Catalan et Michael Sharp, ont projeté chacun une enquête indépendante. Aux dernières nouvelles, les familles des deux enquêteurs onusiens sont elles aussi montées au créneau et exigent une enquête internationale.

 

La RD Congo refuse une enquête internationale

La mission de l’équipe onusienne serait d’essence administrative. Les six membres devraient, indique-t-on,  vérifier si les protocoles de sécurité de l’ONU ont été respectés par les experts assassinés mais aussi si des erreurs ont été commises en interne dans la gestion de ce drame. Cette procédure est automatique, à chaque incident qui vise un salarié de l’ONU une équipe est chargée d’enquêter sur l’incident en interne.

Mais dans le cas des deux experts suédois et américain tués, l’ONU entend faire plus : chercher à identifier les responsables de cet assassinat.

Pour preuve, affirment des sources onusiennes, la composition de l’équipe en dit long.  Elle a  à sa tête un ancien chef de la sécurité du département d’Etat américain, ex-chef aussi de l'agence en charge de la sécurité à l’ONU. Cinq anciens employés des Nations Unies de haut niveau font aussi partie du groupe.

Pour autant, l’on insiste encore que l’objectif final est de faire un rapport au secrétaire général de l’ONU d’ici le 31 juillet. Des informations qui aideront Antonio Gutteres à décider de la nécessité ou non de créer une commission d’enquête à part entière.

Le gouvernement congolais ne l’entend pas de cette oreille.  « Nous sommes surpris de l'instrumentalisation du Conseil de sécurité par certains membres », a indiqué Léonard She Okitundu.

Pour lui, il n’est pas question qu'il y ait une enquête internationale dans cette affaire, au risque de jeter le discrédit sur les capacités, l’expertise et l’indépendance de la justice congolaise.

Entre-temps, les missions annoncées attendaient toujours le visa du gouvernement de la RDC jusque-là et encore réticent.

Une compilation de La CITAF

 

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Roland DUCOSS 28/07/2017 16:50

Bonjour !
je suis Roland DUCOSS. Il y a de cela 2 ans j'étais un homme malheureux et malchanceux. J'avais divorcé avec ma femme il y a long temps pourtant je l'aimais. Et j'ai parlé de ça sur internet pour avoir des conseils. Parmi tous les conseils que j'ai reçu une femme qui m'a conseillé de contacter un maitre suivit de son mail pour lui expliquer mon cas. Au début je n'avais pas confiance parce que j'ai déjà contacter beaucoup qui m'ont pas satisfait et quand je l'ai contacté, je lui ai expliqué toute la situation de ma femme et moi. Vous savez quoi?
Ce maitre m'a dit qu'il va me faire quelque chose pour que ma femme revienne. Et j'ai passé à quelques rituels.
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