IFASIC/Doctorat : Jean Chrétien Ekambo salue la thèse de Paul Massey pour son ‘’ancrage du journalisme’’

Publié le par La Cité Africaine

M. Paul Massey Ntambwe, chef de travaux à l’Institut facultaire des Sciences de l’information et de la communication (IFASIC), a été proclamé Docteur en Sciences et techniques de l’information, au cours d’une séance académique solennelle, présidée le week-end dernier, en l’Espace Professeur Malembe par le recteur de l’IFASIC, le professeur Rigobetr Munkeni Lapess.

« Ce candidat a toutes les puissances du droit du Docteur en Sciences et techniques de l’information », a souligné le recteur de l’IFASIC, qui a remis au lauréat, séance tenante, un marteau symbolisant la police des débats académiques et une toge aux armoiries de l’institution universitaire.

« Le jury déclare le travail recevable. Le jury accorde la note de 17/20. Grande distinction » au récipiendaire, a proclamé le président du jury, le professeur ordinaire Jean Claude Matumweni Makwala, qui a lu le procès – verbal de la soutenance publique de la thèse de doctorat.

Le promoteur de la thèse, le professeur ordinaire Jean Chrétien Ekambo a rendu un hommage appuyé à Paul Massey Ntambwe, ayant soutenu avec brio sa thèse de doctorat ‘’La mise en scène de l’information dans le journal imprimé ‘’.

« Le Docteur Massey Ntambwe revient à notre ancrage : le journalisme ; ceux qui font recours à la vente ; vendeurs des journaux, crieurs. C’est une thèse qui a pris en considération toutes les techniques de l’information et a fécondé les journalistes. Et c’est une thèse qui redore le blason terni du journalisme en RD Congo », a confié à la presse le professeur Ekambo, également recteur honoraire de l’IFASIC.

 

Bataille scientifique des maîtres d’écoles de l’Infocom

« L’échange assez long et assez fructueux ne nous surprend pas. Derrière les apparences, Paul Massey entreprend un travail inattendu. L’amélioration du journalisme et des médias congolais écartée, nous avons abordé les aspects éloignés du journalisme. Masey aborde ce sujet en tant que journaliste, journaliste professionnel et enseignant de la pratique journalistique. Il a accompagné les décoratifs jusqu’au bout en se basant sur les faits et sur les tableaux », a noté le promoteur de la thèse de doctorat.

Le récipiendaire « relate la partie empirique et théorique », a indiqué Jean Chrétien Ekambo, soutenant que Massey est revenu sur les tableaux théoriques.

« Au niveau analytique, il s’est penché avec beaucoup d’efforts. En dernier ressort, il a scruté  les résultats des analyses, les résultats statistiques pour arriver aux résultats qualitatifs. Il a évolué avec le sens co–construit en permanence », a souligné le promoteur de la thèse.

« Au niveau de son architecture thématique, il parle de la dialectique des champs. La thèse de Massey se construit pour arriver à une réponse scientifique en passant par Paul de Ricœur. Le journaliste est un professionnalisme qui est construit en aval et en amont », a expliqué le professeur Ekambo, qui appelle les journalistes à se constituer en corps, par réponse contre les violents freins et à privilégier des modèles intraitables avec les policrates.

Il est question, dans la thèse, de rechercher la dominante du champ (politique) par la prise en charge journalistique et de voir comment le chercheur a tenté de récupérer son hypothèse « par une pirouette » autour d’une approche explicative, a estimé le professeur Matumweni, faisant allusion aux aspects sociologiques et sémiologiques, soulevés par le récipiendaire.

Le président du jury a notamment reproché à Paul Massey Ntambwe de ne pas avoir fait appel à la théorie sémiologique (approche sémiologique à reconstruire) pour spécifier l’étude de sa recherche scientifique.

« Cette prédominance doit se mener par une enquête. Les champs journalistiques sont des champs très ouverts. La légitimité de la logocratie n’est pas seulement réservée aux journalistes », a relevé Jean Claude Matumweni.

« Paul Massey allait s’enfermer dans l’approche sémiotique », de manière à adopter l’approche systémique dans sa dissertation doctorale, a estimé le professeur Budimbani, membre suppléant du jury.

« Dans la presse écrite, le journaliste, les organes de presse avec leurs lignes éditoriales produisent des événements. Qui sont derrière le financement des journaux ? », a interrogé le professeur Budimbani.

« On ne peut pas utiliser l’approche explicative sans parler des parties historiques. La presse au Congo est une presse du combat politique. Ceux qui financent la presse ont une pensée derrière : la politique », a-t-il affirmé.

 

La langue française facile du lauréat

« Paul Massey a une langue française facile. Il manifeste une pédagogie pour les lecteurs », a soutenu le professeur Ludovic de l’Université Marien Ngouabi (Congo-Brazzaville), membre du jury.

« Un journal est lu et vu, même s’il n’y a pas d’illustrations photographiques », a estimé le professeur Ludovic, qui a posé la question au récipiendaire d’établir la différence entre le logocrate et le policrate.

 

La parole à l’état de foudre du journaliste

« Le journaliste a la parole à l’état de foudre. Le journaliste détient un pouvoir pour orienter les opinions. Il doit prendre conscience de sa place dans la société. Le journaliste n’est pas un extraterrestre. S’il pose des actes répréhensibles, il doit y répondre », a affirmé l’auteur de la thèse de doctorat soumise aux provocations académiques, Massey Ntambwe.

« Le journaliste manipule le logos à sa manière, en donnant la forme », a-t-il martelé.

« La mise en scène de l’information ne constitue pas la façon simplifiée à la seule mise en page, pour laquelle il faut exploiter d’autres dimensions et d’autres malentendus opérationnels, le concept de champ en menant une enquête. Il ne faut pas ramener tout sur le descriptif. Le relativisme fait défaut », a interpellé l’auteur de la thèse du doctorat.

Le doyen de la Faculté des Sciences de l’Information, le professeur Bernard Munsoko a appelé la communauté de l’IFASIC à s’unir pour pouvoir rebâtir la RD Congo et « contribuer à la science de l’universel ».

«Il y a un mot, la rationalité, qui doit nous accompagner tout au long de notre travail », a-t-il recommandé.

Jay F. KUMWAF

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