Le leadership du Rassemblement mis en ballotage

Publié le par La Cité Africaine

Le Rassemblement/Aile-Limete a annoncé la semaine dernière la convocation de son conclave pour le mois de juin prochain, au cours duquel ce regroupement politique compte se doter des statuts qui lui manquaient jusque-là. Ce conclave, selon les mêmes sources, aura également pour objectif, la mise en place de nouvelles structures de ce regroupement politique et la définition d’un nouveau programme d’action au regard des enjeux de l’heure face au pouvoir en place. L’annonce de la tenue de ce conclave survient au moment où un nouveau Gouvernement, dirigé par un Premier ministre issu de l’aile dissidente du Rassemblement, Bruno Tshibala Nzenzhe, vient de prendre ses fonctions, avec pour missions principales, l’organisation des élections, le redressement du cadre macro-économique du pays, la lutte contre les poches d’insécurité dans le pays, et l’amélioration des conditions sociales de la population.

Ce conclave est aussi annoncé dans un contexte politique où le leadership actuel du Rassemblement incarné par Félix Tshilombo Tshisekedi, est de plus en plus remis en question au sein même de ce regroupement politique. Certains acteurs politiques du Rassemblement ne croient même pas à la tenue d’un tel conclave dans les jours à venir, et parlent d’un simple coup d’annonce sans lendemain. « C’est du bluff. Aucun conclave n’est à l’ordre du jour au Rassemblement, pour le simple fait qu’aucune réunion préparatoire n’a été convoquée à ce jour pour traiter d’un tel sujet, et aucun comité préparatoire n’a été mis en place pour réfléchir sur les thèmes à aborder au cours de ce conclave », a déclaré hier lundi un des hauts cadres de cette plateforme politique sous le couvert de l’anonymat.

De plus en plus de leaders politiques du Rassemblement pensent de plus en plus haut que Félix Tshisekedi a failli dans son rôle de Président de cette plateforme politique. « Cet homme n’a même pas été capable de restructurer son propre parti l’Udps après la mort de son père, au point qu’aujourd’hui, ce parti vit au jour le jour, au gré de l’humeur de Félix Tshisekedi et de la petite cour qui l’entoure », affirme un autre bonze du Rassemblement, qui ajoute que ce dernier était plutôt « un Président bling-bling, amateur de grosses cylindrées, de voyages improductifs en classe d’affaires et de séjours étrangers dans des palaces de luxe ». Et de citer un exemple pour illustrer ses propos : « Sa propre famille a préféré lui retirer la gestion du dossier sur le rapatriement de la dépouille de son père au profit de son oncle paternel l’Evêque Richard Mulumba,  qui a pris langue avec le Premier Ministre actuel, à la suite de ses prises de position erratiques sur ce dossier ».

Dans certains cercles dirigeants du Rassemblement, on reconnait de plus en plus ouvertement que depuis la mort d’Etienne Tshisekedi, le centre de gravité de l’opposition au régime en place, a tendance à migrer de l’Udps vers le G7 de Moïse Katumbi. « Notre plateforme n’existe plus que par les actions de sape que mène depuis l’extérieur du pays Moïse Katumbi contre le régime en place, grâce à ses puissants moyens financiers. C’est lui le vrai patron de l’opposition, et l’Udps avec Félix Tshisekedi ne lui servent que d’épouvantails sur le plan interne au pays », précise un autre acteur politique du Rassemblement, ajoutant qu’en fait, l’opposition congolaise ne survit que grâce au soutien quasi-aveugle que lui apporte certaines capitales et organisations occidentales.

Quant à la tenue du conclave annoncé, très peu d’acteurs politiques de l’opposition croient à son organisation effective à moyen terme, tant que le problème sur le devenir politique de Moïse Katumbi ne sera pas réglé, dans le sens voulu par ce dernier et ses principaux soutiens externes.

LOLO LUASU B.

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