Document
Mot de Vital Kamerhe, co-modérateur pour l’Opposition, à l’ouverture du Dialogue politique national inclusif
‘’Monsieur le Facilitateur,
Votre tâche est lourde. Mais connaissant vos capacités intellectuelles et votre riche expérience, je ne doute pas un seul instant que vous puissiez réussir.
Comme l’a dit le gouverneur de la Ville de Kinshasa : ‘’ comme nous savons où nous allons, nous allons choisir le chemin le plus court pour y arriver’’. Je souhaite donc bonne chance à toute l’équipe de la Facilitation et en même temps, je saisis cette occasion, pour saluer les autorités du pays ici présentes, les corps diplomatiques qui nous ont toujours accompagnés.
A mes pairs de l’opposition, merci beaucoup pour la confiance que vous m’avez faite en me désignant co-modérateur, chef de la délégation (Quelques applaudissements). Je ne vais pas vous décevoir,
Nous sommes ici pour parler du Congo, pas de nos ambitions, pas pour montrer notre capacité à nous insulter ou à nous manquer du respect. Les choses sont sérieuses. En Afrique on voit les impasses se profiler à l’horizon des élections et qui finissent par nous rattraper. Il y e n a qui préfèrent commencer par la guerre pour terminer par les négociations.
Nous sommes ici pour appliquer la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a fait mention du respect strict de notre Constitution, qui a souligné, de la manière la plus claire, que nous devons discuter ici et maintenant de l’organisation des élections pour l’alternance démocratique sans casse, de façon apaisée dans notre pays ( Quelques applaudissements) , et qui a prévu les préalables pour un climat apaisé.
C’est l’occasion de remercier le pouvoir qui a commencé à prendre un certain nombre de mesures pour décrisper cette ambiance qui ressemblait finalement à une guerre entre l’Opposition et la Majorité. Alors qu’à l’entrée dans cette salle, j’ai vu beaucoup de gens m’embrasser ; et à un moment j’ai commencé à me poser même des questions : pourquoi les Congolais passent leur temps à se battre, alors qu’ils peuvent vite s’entendre et donner des solutions, non seulement au peuple congolais mais au monde. C’est comme si nous nous étions entendu pour ne jamais nous entendre !
Des préalables ! Quelques prisonniers de guerre et d’opinion ont recouvré la liberté : Geste appréciable. Deux télévisions ont été ré ouvertes à Kinshasa : c’est un pas dans la bonne direction. Mais cinq restent fermées au Katanga. Nous encourageons le pouvoir à aller jusqu’au bout dans la libération des prisonniers politiques et d’opinion, à ouvrir les médias. C’est tout le monde qui va y gagner. Ça va élever le pouvoir ; ça ne va pas l’humilier.
Nous disons : la résolution 2277 parle du dialogue inclusif. Vous l’avez dit vous-même : il y a des absents dans cette salle. Mais -des révélations que nous ne connaissions pas jusqu’ici- c’est des gens que vous aviez déjà rencontrés, et que même, en présence de la Majorité présidentielle, aviez conclu un accord secret ou un document qui peut porter un autre nom. Nous disons : Monsieur le Facilitateur, nous portons sur nous les frustrations, les revendications, les demandes, les requêtes de tout le monde, les présents comme les absents. C’est pourquoi, nous allons lancer un appel fraternel à nos frères de l’UDPS, de G7 et des autres Alliés de l’UDPS, à venir nous rejoindre. Vous êtes Facilitateur, votre rôle se limite à nous mettre ensemble, Majorité et Opposition, sous l’arbitrage de la Société civile, et sous la vigilance du peuple congolais, pour voir qui le premier va violer la Constitution. Et d’ailleurs, les gens de la Majorité l’ont démontré : à l’issue des travaux préparatoires, je n’ai pas noté qu’ils ont demandé un troisième mandat pour le président Kabila. Le document est là. En tout cas, ça ne viendra pas de nous ; et nous ne l’accepterons pas (Faibles applaudissements). Donc, ceux qui sont dehors, qu’ils viennent ici, avec leur sagesse et intelligence, pour qu’ensemble nous puissions donner à notre peuple le calendrier électoral. Nous sommes là pour donner un calendrier consensuel.
D’aucuns diront que la Constitution a déjà prévu la date de l’élection présidentielle. Alors, pourquoi la résolution 2277 prévoit le dialogue ? C’est que tout le monde est conscient que nous sommes en train d’entrer dans la crise, sinon déjà en pleine crise. C’est pourquoi nous devons convenir ensemble pour que nous disions au peuple congolais, à l’issue de ces travaux, de la manière la plus claire, la date de l’élection présidentielle, la date de passation des pouvoirs. Nous sommes entre nous, soyez certains que nous nous entendrons.
C’est pourquoi je vous demande, avec la compréhension – j’allais ajouter ‘’légendaire’’, mais le mot n’est peut-être pas approprié- la compréhension de nos amis de la Majorité, que vous puissiez suspendre les travaux, un jour, deux jours, le temps que vous harmonisiez les listes. Je m’engage personnellement, avec les amis de l’Opposition, - nous allons solliciter l’appui de l’Eglise catholique, et peut-être de la Communauté internationale-, pour aller rencontrer les amis de G7. Nous regardant dans les quatre yeux, qu’ils nous disent pourquoi ils ne sont pas là, et qu’ils viennent avec nous. Il n’y a pas de piège qu’on ne saura pas démonter. Pour que nous voyons l’UDPS et Alliés, pour dire au président Etienne Tshisekedi : avec toute votre lutte, votre expérience, vous devriez être le premier à vous soucier à ce que tous les Congolais se retrouvent ensemble et que nous puissions refaire la cohésion nationale , gage du décollage économique.
Il nous faut la paix. On a parlé de Beni, ce sera tout de suite après le dialogue, parce que l’Opposition par ma bouche a proposé qu’il y ait des assises sur Beni, autour du président de la République, la communauté internationale, et qu’ensemble nous puissions dire qu’est-ce qui se passe à Beni et qu’est-ce que nous proposons pour que cette population retrouve la paix.
Personnellement, je lance un appel au président de la République. Qu’il puisse, s’il veut, me recevoir. Je vais lui monter le chemin le plus court pour que ce dialogue se termine dans quelques jours. (Faibles applaudissements) Ici il s’agit d’élaborer le calendrier. Je sais que nos amis peuvent avoir des difficultés, mais nous nous sommes des délégués plénipotentiaires. A la Majorité présidentielle, je vois nos amis… Mova, Jean Claude Masangu et les autres … je vois tout le monde ici que je connais. Ensemble, œuvrons pour que nous sortions de la zone de la honte et que nous démontrions à notre peuple que nous sommes capables de taire nos ambitions et privilégier ses intérêts. Que nous puissions montrer à la communauté internationale que nous ne sommes pas et ne serons pas des éternels assistés. Les intelligences sont là. Les expériences aussi. Et nous pouvons faire des miracles. Je vous remercie. (Applaudissements )’’.
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Allocution du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et Chef de la MONUSCO, M. Maman Sidikou, à la réunion d’ouverture du dialogue politique national inclusif en RDC
‘’Excellence Monsieur le Premier Ministre Edem Kodjo, Facilitateur du Dialogue Politique National,
Excellences Messieurs et Mesdames les Ministres,
Honorables Sénateurs et Députés,
SE Smail Chergui, Commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine,
Chers amis du Groupe de Soutien au Facilitateur,
Excellences membres du Corps diplomatique,
Distingués délégués et invités,
1. A l’occasion de cette cérémonie solennelle marquant le début du Dialogue Politique National Inclusif, permettez-moi d’entrée de jeu d’attirer votre attention sur une question qui nous interpelle tous ici réunis et même ceux qui ne sont pas avec nous aujourd’hui.
2. Je veux parler de la situation préoccupante qui règne dans le territoire de Beni et le Grand Nord. En effet je viens de rentrer d’une mission de 3 jours dans le territoire de Beni et de Rwangoma pour être plus précis.
3. A titre de rappel, il y a deux semaines des dizaines de civils innocents ont été sauvagement tués par des criminels présumés éléments ADF dans cette localité de Rwangoma.
4. Au nom du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies M. Banki Moon et l’ensemble de la famille onusienne, j'adresse de nouveau nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes et tous ceux qui ont été blessés, traumatisés et déplacés ainsi qu’au gouvernement et à l’ensemble du peuple congolais.
5. Lors de cette visite sur les lieux mêmes de ces tueries en compagnie du Nonce Apostolique, j’ai assuré la population locale que la MONUSCO renforcera sa collaboration avec les FARDC, qui font un travail remarquable que nous ne soulignons jamais assez, afin d’apporter ensemble une réponse plus appropriée aux tactiques de plus en plus asymétriques des auteurs de ces massacres.
Excellences, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
6. Au moment où je vous parle, je devais être à Kampala pour participer à une conférence régionale des Ministres de la Défense organisée par la CIRGIL et regroupant la RDC, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et la MONUSCO, pour discuter de la mise sur pied d’un mécanisme conjoint de suivi pour mettre fin aux menaces croissantes posées par l’Alliance des Forces Alliées(ADF).
7. En dépit de l'importance capitale que revêt la réunion de Kampala, j’ai estimé qu’il est essentiel d’être ici aujourd’hui. J’ai la ferme conviction que les congolais ont la capacité de résoudre leurs différends à travers le dialogue et que nous nous devons de les accompagner.
8. Pour les Nations Unies le dialogue reste la seule voie pacifique pour sortir de l'impasse actuelle. L’alternative c’est la violence, la destruction et la mort d’innocents. Car ce sont toujours les innocents qui paient pour les rivalités politiques qui dégénèrent.
9. C'est la raison pour laquelle depuis ma prise de fonctions en novembre 2015 en tant que Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et Chef de la MONUSCO, je ne cesse d'encourager les différentes parties prenantes que je rencontre régulièrement dans le cadre de mon mandat de bons offices de privilégier le dialogue sur la confrontation.
10. La RDC se trouve à un tournant de son histoire politique et toute l'Afrique a les yeux braqués sur l'issue de la situation actuelle dans ce pays vaste aux neuf frontières, situé au cœur de l'Afrique.
11. C'est dire l'importance de la RDC et les conséquences innombrables de la dégradation de la situation actuelle pour l'Afrique toute entière.
12. C’est la raison pour laquelle je me félicite de la tenue de cette cérémonie marquant le début effectif du Dialogue National Politique Inter-Congolais que nous souhaitons le plus inclusif et crédible possible conformément aux dispositions pertinentes de la résolution 2277 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
13. Je saisis cette occasion pour féliciter mon frère aîné, S.E. le Premier Ministre Edem Kodjo, le Facilitateur désigné par l’Union africaine et les membres du Groupe de Soutien au Facilitateur pour le travail abattu et les efforts qu’ils ne cessent de déployer pour réunir la grande famille congolaise autour de la table des négociations.
14. Pour les Nations Unies la cérémonie d'aujourd’hui constitue, certes, un pas important mais l'absence d'une frange significative de la classe politique met en exergue la nécessité de poursuivre nos efforts pour les amener à se joindre à ce processus, en leur demandant de faire preuve de plus de flexibilité.
15. Enfin, tout en saluant les mesures louables de décrispation déjà prises, je voudrais du haut de cette tribune renouveler mon appel pour l’approfondissement de mesures de confiance additionnelles par le gouvernement allant dans le sens de la mise en œuvre intégrale des dispositions de la résolution 2277.
Je vous remercie’’.
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COMMUNIQUE DE L’OPPOSITION REPUBLICAINE
L’Opposition Républicaine qui vient de prendre part à l’ouverture du Dialogue National Inclusif, ce jeudi 1er Septembre 2016, à la Cité de l’OUA à Kinshasa, a le regret de constater l’ineffectivité du caractère inclusif du dialogue notamment, par la désignation unilatérale du modérateur.
L’Opposition Républicaine attire l’attention de la communauté nationale et internationale sur le fait que si le dialogue, voulu inclusif, perdure dans son état actuel, l’Opposition Républicaine se réserve le droit d’y suspendre sa participation.
Fait à Kinshasa, le 1er septembre 2016
L’Opposition Républicaine »